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Le DOUBLE TRANCHANT du SILENCE…

par   /   10 septembre 2014  /   Commentaires fermés sur Le DOUBLE TRANCHANT du SILENCE…

« Quand on a allumé nos télés, on a éteint nos vieux... » – Fred Pellerin

« Quand on a allumé nos télés, on a éteint nos vieux… » – Fred Pellerin

CHRONIQUE « LES COULIS de SAGESSE »

Le DOUBLE TRANCHANT du SILENCE…

Il fut un temps dans notre famille où « Pépère » me racontait des histoires en chantant la langue de ses ancêtres pour m’endormir. Ce fut l’époque de l’apparition des téléviseurs sur le marché populaire, et même les moins nantis se privaient pour offrir une télévision en noir et blanc à leurs familles, malgré la quasi-inexistence de postes et de programmation. Ce fut l’époque des histoires, des jeux et de la conversation entre générations. J’étais loin de me douter que cette nouvelle merveille allait transformer la dynamique familiale au profit du silence…

Quand je n’étais que gamin, mon grand-père, un poseur de rails retraité de la Montréal Tramways Company (MTC), soit l’ancêtre de la CTM, devenu la STM, se faisait un devoir de partager sa langue ancestrale en serrant ma petite main fermement au fond de sa main calleuse. Malgré les exigences d’une vie passée à manier la pioche et la pelle pour la pose de rails pour les « petits chars » de ma ville natale, il était d’une douceur et d’une sensibilité exemplaire avec moi. Je me souviens que l’arôme de son steak aux poivrons me rappelait qu’il était temps de rentrer à la maison, et ce, dans un rayon de trois pâtés de maisons. J’étais comblé.

La télévision a tout changé ça. Les histoires, les jeux et les conversations entre les membres de ma famille ont graduellement cédé leur place au silence, car il ne fallait surtout pas parler en regardant une émission à la télé. Ma nouvelle gardienne, dissimulée dans les personnages de dessins animés en noir et blanc, n’était pas aussi friande des échanges que l’était « Pépère », et le silence s’introduisit dans la dynamique familiale. Ce fut le début de la fin de l’interaction familiale.

Les choses ne se sont guère améliorées avec le temps. Comme la plupart des jeunes de ma génération, j’ai véhiculé à mon tour cette pratique aux miens, qui ont malheureusement suivi la même tendance. Il n’est donc pas rare de voir mon monde réuni autour d’une même table, chacun préoccupé à consulter ou à composer un texto, sinon à effectuer une recherche quelconque. Heureusement que la communication entre nous ne se limite pas qu’à cela, quoiqu’il y a des occasions où c’est tout comme, car nous ne nous voisinons plus comme avant.

C’est en visionnant une émission populaire à la télé (L’été indien) sur le réseau TVA qu’un raconteur prolifique d’histoires du nom de Fred Pellerin m’a fait réaliser que nous étions sur la voie de répéter la même erreur. Sans lui attribuer le lien direct de cause à effet, je constate que quelques puristes de la langue écrite (surtout de langue française) dénoncent les lacunes, inconsistances, bévues et coquilles repérées sur les réseaux sociaux, quand ce n’est pas carrément de ridiculiser les efforts d’écriture des auteurs visés, piétinant du même coup l’égo de leurs victimes dans la poussière… et il faut que ça cesse! Nous ne sommes plus au temps de la petite école, et il n’y a rien pour se redorer l’image à descendre les autres dans un forum public.

Juste pour maintenir les pendules à l’heure, et en tant qu’artisan des mots qui gagne sa vie à aider les autres, je supporte mal une écriture de piètre qualité dans les médias, dans la publicité et dans la littérature, et quoiqu’une coquille occasionnelle peut se faufiler dans les textes, il y a toujours bien un bout à tout. Certes, les interventions mesquines n’enrichissent en rien la qualité d’écriture du fautif. Elle dissuade les moins pratiqués d’afficher leurs opinions, et parfois elle peut décourager un bien intentionné de laisser un texte à l’intention des siens sous prétexte de sauver la face devant les moins tolérants, et je trouve cela aberrant! C’est comme si nous prenions du recul au lieu d’avancer.

Le temps où les illettrés avaient peine à inscrire un « X » en guise de signature est révolu. Nous n’apprendrons ni grammaire ni ponctuation aux gens en les ridiculisant de la sorte. S’ils refusent ou s’ils ne peuvent plus polir un banc d’école pour apprendre l’utilité des virgules, laissons-les écrire comme ils le peuvent… sans les traiter de sots et d’incompétents. Si la qualité de leurs interventions nous insulte à ce point, rien ne nous empêche de leur offrir de l’aide en privé. Si la tâche est trop ardue pour certains puristes, peut-être qu’ils feraient mieux de s’abstenir de ridiculiser les faiblesses de ces pauvres gens pour mieux travailler leurs propres textes, car ils ne sont pas à l’abri d’erreurs occasionnelles.

En ce qui concerne le langage codifié véhiculé sur les réseaux sociaux, ce phénomène découle des nouvelles technologies, et non d’un désir malsain de cannibaliser la langue de nos ancêtres, quelle qu’en soit son origine. Il s’agit plutôt d’un nouveau langage universel qui favorise une communication rudimentaire sur les médias électroniques entre les gens, sans égard à leurs origines ethniques ou géographiques. Nous devrions plutôt applaudir nos jeunes; du moins, dans la mesure qu’ils exhibent un enthousiasme acceptable à tenter de maîtriser leurs langues primaires et secondes.

Je n’encourage nullement la médiocrité dans les communications commerciales, médiatiques ni officielles, pas plus que dans la correspondance personnelle, d’ailleurs; bien qu’il y aura toujours des réviseurs pour trancher les questions linguistiques litigieuses et pour peaufiner les textes médiocres. Même si certains éditeurs semblent vouloir bouder les réviseurs dans le contexte actuel de l’édition, il s’agit d’un phénomène de transition vers l’édition numérique qui devrait, selon moi, se normaliser une fois l’adaptation complétée.

Non, je fais allusion à un regret qui me ronge le frein, car j’aurais aimé que mon grand-père ou mes parents me laissent une lettre, un journal ou un récit, même bourré de fautes, sur leurs vécus, les émotions profondes ressenties lors d’évènements marquants de leurs vies respectives, ou une description des rêves et aspirations les plus fous de leurs jeunes temps, mais ils ne l’ont pas fait, se croyant nuls en écriture.

J’ai eu le malheur de perdre mon garçon de vingt ans, en octobre de l’an 2000. Son cœur avait malheureusement flanché aux suites de complications découlant d’une greffe cardiaque. Sa mort précoce m’avait anéantie, et je me me sentais partir avec lui. Dans sa peine, ma fille est venue me remettre quelques boîtes de ses effets, et parmi les choses trié, j’ai retrouvé une partie de mon petit garçon, car il m’avait laissé un journal pour me remémorer certains moments de sa courte vie, un effort pour lequel je lui suis très reconnaissant. Je me foutais bien de ses erreurs de syntaxe et de ponctuation. S’il s’agissait d’un des vôtres, préféreriez-vous naviguer quelques coquilles… ou pas?

Je me demande alors pourquoi certains puristes se permettent de décourager des gens de coucher leurs pensées sur une feuille de papier ou un fond d’écran en se permettant de ridiculiser leurs efforts dans les forums publics que sont devenus les réseaux sociaux. Est-ce parce que leurs textes contiennent des fautes et qu’ils souhaitent contribuer à les enrayer, ou pour se montrer plus fins qu’eux?

Sans méchanceté, je pense que s’ils n’ont rien de mieux à faire de leur temps libre que de décourager les moins pratiqués, ils feraient mieux de dépenser cette énergie colérique à exercer des pressions politiques pour convaincre les élus d’investir dans la qualité d’enseignement des langues plutôt que de dénoncer la piètre qualité de certains échanges sur les réseaux sociaux. Ils pourraient s’offrir pour aider ces pauvres gens à améliorer la qualité de ce qu’ils publient en les dirigeant vers des ressources compétentes plutôt que de critiquer ouvertement les efforts, considérables pour certains, déployés pour s’exprimer par écrit; même si ces efforts ne méritent pas toujours les éloges des puristes frustrés et des illustres de la littérature québécoise.

D’autre part, il faut soigner la qualité des messages destinés à nos clientèles, car nos clients méritent des textes qui reflètent la promesse d’excellence véhiculée…

Qu’en dites-vous?  (Vous êtes invités à répondre via le formulaire au bas du texte.)

Michel A. Di Iorio, fondateur de LA COULISSE

Sources et références

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À propos de l'auteur...

Fondateur et rédacteur en chef de LA COULISSE

MICHEL A. DI IORIO, fondateur et rédacteur en chef de « LA COULISSE » a troqué, au tournant du siècle dernier, la vie publique et la notoriété pour exercer une carrière moins flamboyante, bien qu'aussi satisfaisante. À ces fins, et comme véhicule, il a fondé « LES MOTS JUSTES », d’où il exerce depuis lors la profession d'artisan des mots et traducteur. Il répond (par télétravail) aux besoins de sa clientèle; petits et plus gros... riches et moins riches... publics et privés. Il écrit et traduit pour ceux qui ne savent pas comment, qui ne peuvent pas, qui n’ont pas le temps ou qui ne sont tout simplement pas de très bons rédacteurs, laissant ses clients libres de poursuivre leurs activités principales.

 

Plus de 30 années à œuvrer dans les arènes politiques, commerciales et privées ont contribué au perfectionnement de ses compétences, faisant de lui un communicateur respecté, dont les avis et les conseils sont recherchés. Dix-sept de ces années furent consacrées aux services d’urgence, toutes branches confondues. Une plume fertile et le désir de redonner lui ont valu un siège au sein d’un nombre de comités de sélection de projets et de conseils d’administration d’associations régionales et de chambres de commerce. Ces opportunités, combinées à la notoriété acquise comme spécialiste de la communication en politique provinciale, ont contribué à paver le parcours menant à sa vocation d’écrivain public et traducteur. Ses compétences continuent de commander l’admiration et le respect de ses pairs.

 

Un visionnaire de la communication, Michel s’est adapté au marché évolutif à l'aube du nouveau millénaire en offrant un ensemble de services en communication, conçu pour les petites et moyennes entreprises, en misant sur une approche personnalisée, et le respect absolu des dates de tombée.

 

Il greffa à son offre un service d’hébergement Web géré, ainsi que les services connexes afin de mieux servir une clientèle évolutive, à la recherche de solutions clé en main facilement accessibles.

 

Depuis 2013, il rédige et publie le magazine « LA COULISSE » (lacoulisse.ca), qui offre un topo sur l'entrepreneur québécois du nouveau millénaire, ainsi qu'une vitrine sur les entrepreneurs obscurs qui n'ont pas pignon sur rue.

 

Il comprend parfaitement les enjeux politiques et les défis linguistiques associés aux affaires dans sa province natale, ainsi que dans le reste du Canada.

 

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Michel possède une solide expérience de la communication commerciale, des services d’urgence et de la politique. Originaire du Québec, il maitrise les deux langues officielles du Canada avec autant de flair.

 

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